Avec pour seuls bagages quelques photos rangées dans le fond d'un tiroir. J'emmènerais le souvenir de quelques visages, pour que le temps n'efface pas leurs traits de ma mémoire. Je les regarderais, les soirs où il faudra réchauffer mon c½ur, trop lourd de regrets.
Un peu spéciale, je m'enivre de solitude au plus les années passent. Je n'ai que le silence à la bouche, et si pour certains il est pesant, pour moi il est pur. Sans mots, je peux rester des heures à savourer l'instant ; je crois que les sens me suffisent à apprécier.
Le silence est pour beaucoup symbole de mal-être ; l'amour ne comprend pas le manque de paroles, un manque qui n'est pourtant pas faute de sentiments.
J'ai une partie de moi qui rêve de solitude, quand l'autre rêve d'étreinte. Je vais et je viens, des allers retours, des déchirements entre deux pôles.
J'apprécie la présence, le toucher, le sourire, mais c'est plus fort que moi.
J'aime me retirer au calme, perdue comme à l'autre bout du monde, sans rien ni personne, avec au bout des doigts une nuée de rêves...
Douce étreinte que la solitude m'apporte, quand la foule me piétine de trop de ressentiments...
Attirée, comme un appel, à soigner un mal être obscur...
De la confiance j'en ai donné, de l'amour aussi, pardonner j'ai su le faire ; et même à tort, j'ai toujours laissé de nombreuses chances à portée de main, j'ai même su pousser les limites de ma patience. Et malgré ça, j'en viens toujours avec une certaine aversion pour l'espèce humaine...
Si je m'écoutais, je m'en irais. Sans prévenir, sans prévoir, sans mots, ni excuses. D'une seconde à l'autre.

